Tout à commencé il y a quelques semaines lorsque lors d'un repas entre belles gens, de l'assemblée s'élève une voix :
«Dis donc Bonze, sais-tu qui trouve-t-on dans le cimetière de chez toi ?»
Question qui appelle forcément un «Non, dis moi !»
« Et bien on y trouve Roman Opalka ! »
Vous vous doutez bien que j'en fus estomaqué.

Bon en vrai, je me doute bien que vous ne savez pas qui est ce Roman Opalka. Et pour être tout à fait franc, j'ai dû demander de me resituer le personnage.
Bien évidement la petite histoire ne s'arrête pas là.
Il s'avère que j'ai commencé à faire de la photo en 2002. À l'époque je ne connaissais absolument RIEN sur l'Art en général et à la Photographie en particulier. Je connaissais comme tout un chacun (mâle occidental blanc) Picasso Dali Van Gogh et Da Vinci. C'était tout.
Donc en 2002 je me mets à faire de la photo sur un défi et commence une sorte de série photographique pour amuser les copains.
Le temps passe et je ne me laisse pas abattre et continue ce qui était un apprentissage photographique. Mon obstination commence à intéresser certains copains et je commence à recevoir quelques retours encourageants. Quand un jour une copine me dit «Ton affaire là, j'aime bien ça me fait penser à Opalka...» Voici donc pourquoi je vous écris aujourd'hui.

Mais qui est donc ce fichu Opalka me direz vous ? !
Roman Opalka né en 1931 est un peintre avant-gardiste polonais sortant de l'académie des beaux-arts de Varsovie.
En gros il a appris à peindre, dessiner, graver, tout le toutim et il le fait bien. Il commence d'ailleurs avec succès sa carrière artistique en tant que graveur. Mais son obsession c'est le temps. Il veut matérialiser le temps irréversible avec sa peinture. Il commence avec ses recherche avec ses Chronome mais il n'en est pas satisfait.
C'est en 1965 qu'il commence sont œuvre phare «OPALKA 1965 / 1 - ∞» : Il peint en blanc sur fond noir la suite des nombres de 1 jusqu'à l'infini.
La première toile comprenait les nombres de 1 à 35327.

OPALKA 1965 / 1 - ∞ Détail 1-35327
En 1972 il atteint 1 000 000, il décide alors de rajouter 1 pour cent de blanc au noir de son fond à chaque nouvelle toile. Par conséquent, petit à petit il en vient à écrire en blanc sur fond blanc.

Parallèlement à cela il énonce en polonais les nombres qu'il peint à haute voix en s'enregistrant sur bandes magnétiques (l’ancêtre du mp3). Et pour finir chacune de ses séances, il se tirait le portrait toujours de la même manière, lumière blanche, chemise blanche, fond blanc.
C'est ainsi qu'il a pendant quarante-six ans capturé le temps irréversible.

Son site officiel : Opalka195.com